Le naufrage du Costa Concordia

 

 

 

 

 

 

 

Mise en ligne mardi 6 décembre 2016   
Le mystère de la disparition des trésors du Costa Concordia
 

Je souhaite ici, sur cette page apporter ma vision sur le pillage qu’aurait subi le Costa Concordia pendant la période où il se trouvait à l’île de Giglio (I). J’ai voulu prendre mon temps pour comprendre et analysé l’affaire sur ces "mystérieuses disparitions", avant d’y consacrer une page et essayer d’y apporter une autre raison que celle rapportée dans les médias.

Avant d'entrer dans les détails et pour avoir suivi toute l’affaire du naufrage à son départ de l’île de Giglio (I), puis de son démantèlement à Gênes (I), le Costa Concordia fus sous la surveillance des Gardes côtes italiens, du moins pour sa période à Giglio (I), ensuite à Gênes c'est une société d'agents de sécurité qui a prit le relais. Cela pour une raison bien simple le Costa Concordia était sous saisie de la justice italienne jusqu'au vendredi 4 juillet 2014, avant d'être rendu à Costa Croisières le temps que l'armateur puisse remorquer le navire jusqu'à Gênes (I) le 23 juillet 2014. Ensuite arriver à Gênes (I) le Costa Concordia est devenu la propriété de San Giorgio del Porto pour son démantèlement.

Il est vrai qu'à Gênes (I) une personne a réussi équipé d'une caméra GoPro (vidéo ci-dessous) à monter sur le Costa Concordia au mois de mars 2015, soit sept mois après l'arrivé du navire à Gênes (I), mais depuis Giglio (I) les cabines des ponts accessibles avaient été vidées de tous les objets personnels. Des photos (voir ci-dessous) ont circulé sur internet avec le numéro de la cabine où la photo avait été prise, mais ces photos avaient été prises à Giglio (I) au mois de janvier 2014, soit 6 mois avant le départ du Costa Concordia pour Gênes (I). On le constate la diffusion de certains supports multimédias peut induire à une mauvaise interprétation, et puis si l'on prend le temps de regarder ces photos avec le numéro des cabines on le remarque très peu sont en bon état. Certaines même ont commencé à être vidées !

 
 
 
Cabine N° 1052 balcon, coté bâbord pont 10 Germania (Allemagne).
Cabine N° 1005 intérieur, coté tribord pont 10 Germania (Allemagne).
Cabine N° 9279 balcon, coté tribord pont 9 Francia (France).
 

L’affaire à juste raison a déclenchée la colère chez les rescapés français et les familles des victimes françaises après "la perte de leurs biens personnels" qui se trouvaient sur le Costa Concordia au moment du naufrage et qui y sont resté après avoir abandonné le navire. Ce n’est pas les compassassions financières débloquer par Costa Croisières qui a calmé la colère de certains passagers et des familles des victimes, qui pour beaucoup d'entre eux ces objets représentaient une valeur marchande, mais aussi pour une majorité d’entre eux, une valeur sentimentalement.

L'affaire est partie de la France et de son collectif de défense, qui après avoir eu la confirmation de la sentence en appel pour le commandant Francesco Schettino, la fin du démantèlement du Concordia, et la réaction de colère de ses membres à la réception pour certains d'entres eux d'objets qui ne correspondent pas à leurs biens personnels, voire une restitution de biens incomplets, ou encore d'autres qui se sont vus notifiée par la justice italienne que les coffres-forts et les effets personnels qui se trouvaient dans une grande majorité des cabines n'avaient pas pu être récupéré. Sûrement dispersés avec le temps par les ouvertures du navire et les remous de la mer à l'intérieur de ce dernier,  a soulevé une onde de choc du fait que ces objets étaient attendus par leurs propriétaires comme des trésors inestimables depuis toutes ces années...

Après avoir fait les démarches auprès des autorités italiennes compétentes et l'armateur Costa Croisières qui pour ce dernier, depuis le naufrage n'avait eu la responsabilité de leur navire que pendant une trentaine de jours, ne pouvait pas apporter la moindre réponse au collectif français. Du coté de la justice italienne, elle déclare que tous les objets des passagers ont été récupérés dans la mesure du possible par les Gardes côtes italiens, qui ont procédé à un inventaire et placer tous ces objets dans un entrepôt sécurisé proche du lieu du naufrage sur le continent dans la commune de Talamone (I).

Talamone (I) où je me suis rendu le 20 mai 2014, alors que le Costa Concordia était toujours à Giglio (I)... Je voulais voir les chaloupes de sauvetage qui étaient stockées là, mais les autorités de la commune m'ont informé qu'elles avaient été déplacées dans un lieu sécurisé et cela jusqu'à la fin de la saisie par la justice italienne. J'ai aussi appris ce jour-là que des objets du navire avaient été stockés dans un entrepôt sécurisé de la commune, mais ils ont refusé de me dire où se trouvait cet entrepôt.

Pour le collectif français, il fallait faire bouger les choses, et il n'y a rien de mieux pour se faire entendre dans une telle affaire que de mobiliser les médias, mais ces médias ne peuvent véhiculé que la colère et le dégoût d'un tel laxisme, depuis le naufrage les rescapés et familles des victimes se sentent abandonnés, personne ne leur donne la moindre réponse. L'administration italienne, comme en France d'ailleurs, n'a pas le temps de répondre à chaque personne, elle n'a pas le temps de prendre conscience de la longueur de l'attente et du questionnement de chacun d'entre nous, quand l'on est dans la souffrance. Trop de dossiers, pas assez de personnel, alors on répond à la va-comme-je-te-pousse...

 
 

Il est certain que le fait d'être éloigné du lieu du naufrage, de n'avoir que très peu d'informations de la part de l'armateur (à cause de la saisie) et de la justice d'un pays étranger dont on ne parle pas la langue est une barrière encore plus haute à franchir et fait que l'on se pose encore plus de questions. "Pourquoi ne vont-ils pas dans nos cabines récupérer nos biens ?" ou encore "Pourquoi cela prend-il autant de temps pour récupérer, une valise et trois ou quatre objets qui se trouvent dans le coffre fort ?" Ces simples questions sont pourtant d'une logique implacable, mais avec le temps ces simples interrogations deviennent une certitude, "Si la justice italienne ne nous rend pas nos objets, c'est qu'ils ont été volés !!"

La colère remplace la raison quand l'on a autant souffert et que l'on souffre encore, il se rajoute à cette colère, la douleur, la souffrance, l'attente, l'angoisse, plus globalement "un stress permanent" qui vous bouffe de l'intérieur et qui vous empêche même de dormir, de manger et de retrouver une vie "normale" ou de faire "le deuil de l'être perdu"... "Pourquoi s'acharnent-ils sur nous, qu'avons-nous fait au Bon Dieu pour mériter une telle épreuve depuis toutes ces années !"

Pourtant, toutes ces disparitions ne sont peut être pas le fruit d'un vol ou plus fortement d'un "pillage en règle", et il est certains qu'il est plus facile pour certaines personnes d'aller dans le sens de la douleur, plutôt que d'apporter à ces personnes une solution moins douloureuse, moins brutale, une solution qui est là aussi d'une logique implacable, mais qui n'est pas liée à la simple bassesse de quelques voyous avides de richesse gagner avec le moindre effort, mais bien d'une perte pure et simple...

Alors pillages ou simple disparition dans la mer tyrrhénienne ?

Personnellement je n'ai pas envie d'hurler avec les loups,  je crois qu’il ne faut pas rajouter de la souffrance à la souffrance à toutes ces personnes qui ont déjà leurs doses, et il faut regarder avec lucidité la vérité en face sans parler de "disparitions mystérieuses" ou de "vols", du fait que cette vérité est simple à comprendre si l'on prend le temps de l'expliquer correctement. Le trois quarts du navire a été pendant de longs mois totalement immergés, certaines parties pour des raisons de sécurité étaient totalement inaccessibles.

La récupération des biens personnels déposés par les passagers dans les cabines et dans les coffres-forts de chaque cabine a été faite soit par les Gardes côtes, soit sous le contrôle de ces derniers, seuls habilités à faire ce long et méticuleux travail de récupération dans des conditions limites de sécurité, en gros c'est la récupération de pièces pouvant servir à l'enquête et à ses suites comme par exemple pour les compagnies d'assurance en vue d'éventuel dédommagement.

La première partie de récupération s’est faite dans les cabines accessibles par l'extérieur du navire côté bâbord, et cela, au fur et à mesure de l'avancé des travaux de redressement du navire, mais pas seulement pour les cabines, car il y avait aussi à bord du Costa Concordia de très grands objets de valeurs (vases, tableaux, etc.) qui servaient à la décoration, ou des éléments nécessaires à l'enquête, comme les ordinateurs et livres de bord.

Les ponts cabines concernés par cette récupération sont les ponts "6, 7, 8" et la moitié des ponts "9 et 10", qui ne sont pas seulement que des ponts cabines, mais aussi des lieux d'activités. Je me répète cela ne concerne que la partie bâbord hors eau. Les cabines des ponts inférieurs par leurs configurations et l'accès sont trop dangereuses pour que des hommes s’y aventurent alors que le navire est toujours couché.

Je vous propose ci-dessous de découvrir les quatre seules solutions (en photos) pour entrer dans le Costa Concordia avant l'installation des équipements du chantier de redressement. Par les moyens aériens, par les échelles de corde, par bateaux (récupération des objets qui s'échappent du navire) ou enfin par les voies sous-marines. On le remarque, à part d'être bien équipé l'accès à l'intérieur du navire était pratiquement impossible, en plus il ne faut pas oublier le matériel adéquat pour ouvrir et où transporter les coffres forts et autres objets.

En plus, il faut ajouter que le navire qui était couché représentait une hauteur d'un immeuble de '14 étages",  que du coté de la coque il était impossible d'escalader à mains nues, que du coté cheminée ce n'était pas plus facile, et tant bien même arriver à l'intérieur pas facile de marcher sur des cloisons qui peuvent à tous moment céder sous le poids d'une personne, voire de plusieurs personnes.

Tout cela en plus sous la surveillance permanente des Gardes côtes italiens !!

Grazie a tutti per il foto.

 

Au moment du naufrage :

Quand le navire s’est couché le soir du naufrage la partie tribord a été totalement écrasée ce qui laisse entendre que les meubles des cabines situées sur ce coté là, se sont totalement renversé, les meubles bureaux qui contenaient les coffres forts se sont arraché des cloisons, avec les portes vitrées des balcons qui ont littéralement explosées sous le choc, les contenus des cabines qui pouvaient passer par ces ouvertures se sont déversés dans la mer.

Au fil du temps, les remous dus aux courants marins ou pires aux tempêtes à fait qu’une grande partie de tous ces objets se sont dispersés au large. Pour les objets les plus lourds, ils ont coulé, quand aux objets les plus légers ils sont restés à la surface. Des mois plus tard des valises ont été retrouvés à des dizaines de kilomètres du lieu du naufrage sur les plages de l’île d’Elbe. Les photos ci-dessous nous montrent le coffre-fort dans son meuble et le même meuble totalement détruit après le naufrage...

 
Avant le naufrage
Après le naufrage
 

La photo et la vidéo du Costa Concordia dans la tempête nous laissent imaginer les remous qui ont dû le secouer et secouer tous les objets qui se trouvaient à l'intérieur et sûrement être aspirés vers l'extérieur du navire et emportés très loin au large, surtout que pendant plus de 3 ans des tempêtes le Costa Concordia en a connu des dizaines... Que pèsent un petit coffre fort ou une valise contre le déchaînement de la mer ? Rien, de simples fétus de paille !!

 
 
 

La moitié des 1500 cabines, cet à dire les 750 cabines du coté tribord même celles qui se trouvaient dans la partie centrale du navire, ont été immergées, voire totalement détruites, les photos ci-dessous témoignent de la réalité de ce que j’avance sur le nombre de cabines immergées. Mais à ce nombre il faut rajouter les cabines du côté bâbord qui elles étaient sur les ponts 1 et 2, ces cabines totalement immergées au moment du naufrage et dont l'eau est restée à l'intérieur et cela jusqu'à "Gênes". Au total avec les ponts 1 et 2 cela représente en gros un millier de cabines qui ont été détruites. Pour plus de détails sur la position exacte des cabines, voir les plans officiels du Costa Concordia : cliquez ici

 
 

Cette position le Costa Concordia va la garder, du 13 janvier 2012 au 17 septembre 2013, cet à dire plus de 20 mois…

Mais par la suite quand le navire a été redressé, et cela, jusqu’à son renflouement, on remarque que se sont les cabines bâbord et tribord et cela jusqu’au pont 7 qui se trouve immergées. En gros, il n’y a environs que 300 à 400 cabines qui seront restées au sec ou presque, et cela pendant toute la période du renflouement, mais surtout de sécurisation du Costa Concordia, pour permettre aux Gardes côtes de monter à bord et de récupéré les coffres forts et objets personnels des cabines…

300 à 400 coffres forts sur 1500 on sûrement du être récupéré à Giglio (I), le reste à du être récupéré à Gênes (I) au moment du démantèlement, quelques coffres forts ont été récupéré dans les fonds marins autour du Costa Concordia par les plongeurs.

Pour mémoire n'oublions pas que le corps de la dernière victime qui se trouvait dans une cabine du pont 8, apparemment dans la partie cotée bâbord qui est restée en permanence au sec, n’a été découverte qu’à Gênes (I)…

 
Cette photo nous confirme bien les dégâts entre les côtés bâbord et tribord.
 

Une autre chose qu’il faut analysée avec lucidité, tous les objets retrouvés dans les cabines mélangées entre cabines, et même les coffres-forts, n’était sûrement pas en état d’identifications. Les appareils photo, caméscopes, montres, argents liquides, papiers d’identité et autres devaient être dans un piteux état.

On le remarque et il faudrait peut-être faire un point avec les personnes qui ont pu elles récupérer leurs effets personnels, mais il est plus que probable que les trois quarts des effets personnels n’ont pas pu être récupérés et donc restitué…  

Par contre, je n'exclus pas qu'il y ait eu par-ci, par-là des vols, le vol de la cloche du Costa Concordia accroché au mât en est la preuve même s'il en faut une pour démontrer qu'il y a eu des vols même avec la surveillance des Gardes côtes, mais il ne faut pas oublier que des personnes ont été interpellées et remises entre les mains de la justice italienne.

Et s’il faut amener là encore un élément de réponse sur la bonne surveillance du Costa Concordia, le procès qui s’est ouvert au début du mois de février 2016, où le responsable du navire Franco Porcellacchia, le responsable Costa Croisières sur l’île Alessandro Vettori, et un technicien de chez Costa aussi Camillo Casella, sont jugé pour être monté à bord du Costa Concordia sans l’autorisation de la justice italienne. Et cela, quelques jours avant la reconstitution mandatée par le juge d’instruction du procès en première instance Giovanni Puliatti. Dans cette affaire ils sont accusés d’avoir cassé les scellés de l’accès à la passerelle de commandement pont 8 et du local du générateur de secours sur le pont 11.

L’épreuve de ce naufrage pour les rescapés et les familles des victimes dure depuis presque cinq années, et avec l’attente de la décision de la Cour suprême de cassation et les éventuelles suites, elle n’est pas prête de s’arrêter. Le Costa Concordia et la mer ont emporté des vies et des biens personnels qui ne reviendront jamais, mais si l'on peut se passer d'objets personnels si précieux sentimentalement soient-ils, jamais on ne pourra se passer de la perte d'un être si cher à son cœur et à son âme...

 
 
Marco MannellaMentions légales