Le naufrage du Costa Concordia

 

 

 

 

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Le rescapé oublié !
 

Pour l’amour d’une jeune femme, un jeune homme va sur un coup de folie embarquer sur le Costa Concordia à Palerme (I) et cela la veille du naufrage, en tant que passager clandestin. Par la suite, il va rester prisonnier du navire pendant cinq jours, il va voir la mort à plusieurs reprises de prés, avant de trouver une issue pour sortir des entrailles du Costa Concordia. La belle le cherchera toute la nuit et une partie de la journée du samedi dans les rues et sur le port de l’île de Giglio, avant de prévenir les secours, je lui laisse à lui le soin de vous raconter son terrible périple…Les noms et prénoms des personnages (sauf les officiers) ont pour des raisons de confidentialités été modifiés.

 
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Première partie :
 

Je m’appelle Andrea MANALESE, je suis né en Sicile en 1987, à Castelvetrano dans la Province de Trapani plus exactement, à 110 kilomètres de Palerme. J’ai fait des études d’électricien en bâtiment et je travaille dans une petite entreprise de ma ville natale.

Un matin j’arrive à l’atelier et mon patron m’interpelle, "Andrea va à cette adresse et voit avec le propriétaire pour déplacer le tableau électrique et 3 prises de courant et je crois 2 interrupteurs."

Je ne me doutais pas un instant ce jour-là que ma vie aller totalement basculer et que j’allais vivre une histoire extraordinaire, une histoire triste, mais extraordinaire...

Arrivé à l’adresse indiquée, je découvre une belle maison bourgeoise avec un immense parc, je sonne à l’interphone du portail en fer forgé, une immense structure de 3 m de haut, et là une voix d’homme me demande ce que je veux.

Je lui dis je suis l’électricien, je viens pour les travaux que Don BARZINI a commandés à mon patron MANCINI ! Le portail s’ouvre et je prends l’allée qui mène à la porte d’entrée, la porte s’ouvre et face à moi je découvre une jeune fille d’une très grande beauté. Cheveux longs noir corbeau, des yeux d’un vert profond, qui me fixe sévèrement et elle me lance, "Que veux-tu ?"

Je lui réponds timidement " je suis Andrea, l’électricien !"

Elle me répond, " je suis Francesca BARZINI, mon père est de l’autre coté de la maison avec mon frère Aldo et le maçon, fait le tour !" Elle me montre du doigt le côté gauche de la maison. Je m’exécute et je prends la direction qu’elle m’a indiquée.

Je me souviens en partant lui avoir balbutié quelques mots du style, "Merci, merci bonne journée." Mais je sens une douce sensation monter de mes entrailles, je pense même que mon visage est rouge écarlate.

Elle le remarque et a un petit sourire moqueur devant mon trouble en me disant, "Tu as vu la Madone ou Lucifer ?" et de rajouter "Aller va mon père t’attend."

L’accueil du père est glacial il me fait penser à Don CORLEONE, dans le film Le Parrain, avec une voix faible et cassée, il me demande sèchement de le suivre et nous arrivons dans la cuisine, là des ouvriers sont en train de faire des travaux de maçonnerie, pour agrandir la pièce.

Je prends note de se qu’il me demande et je demande au chef des maçons qui se nomme Luigi quand je peux venir faire les travaux, je le connais bien nous avons fait plusieurs chantiers ensemble. Il me dit, "Dans deux jours tu pourras commencer à faire les saigner et tirer les gaines, ensuite je ferai le rebouchage et le scellement de tes boîtiers."

Je quitte la pièce et je refais le tour de la maison, là sur le chemin je rencontre Francesca, elle est vêtue d’un jeans moulant qui modèle à la perfection ses longues jambes, et donne à ses fesses un rebondi et une fermeté incroyable. Elle porte aussi un joli chemisier blanc légèrement ouvert qui laisse transparaître une jolie poitrine de taille moyenne, juste ce qu’il faut, mais il ne fait pas chaud et les pointes de ses seins sont tendues sous le chemisier !

Elle me lance, "Encore toi !" Je lui dis "Oui j’ai terminé avec votre père et je retourne à l’atelier."

"Viens, je vais te montrer quelque chose !"  Je la suis et nous arrivons devant une fontaine, dont la statue représente Vénus, la déesse de l’amour, elle en fait le tour en riant et me dit, "elle est belle, non ?" Je lui réponds timidement, "Oui !" Elle s’approche de moi et me dit, "Quel âge as-tu ?" Je lui réponds, "J’ai 25 ans ! Et vous ?" Elle me rétorque, "Houlà tu es vieux, moi j’ai 18 ans !"

D’un coup au loin une voix d’homme crie, "Francesca ! Francesca !" Elle m’attrape les mains et me dit, "Cache-toi, vite cache-toi c’est mon frère Aldo, il va te tuer !!"

Je me cache derrière un petit muret et son frère arrive et lui dit, "On te cherche de partout, je t’ai déjà dit de ne pas venir seule ici. Va te préparer, et range tes affaires tu pars avec la Mama sur le bateau ne l’oublie pas."

Je fais un pas en arrière de peur que le frère me remarque et j’embronche une pierre. "Qui est là avec toi ? Sort de là me dit-il !"

"Que fais-tu là me lance-t-il ?" Je balbutie, "Rien, enfin, je, je…" Francesca lui dit, "laisse-le tranquille, je lui ai demandé de venir pour qu’il me dise si l’on pouvait éclairer la Vénus…"

Il me regarde froidement et me lance, "C’est vrai ? Si tu touches un cheveu de ma sœur, tu es un homme mort ! C’est compris ?"

Je lui réponds, "Ou, oui !"

Me raccompagnant à la porte, il me dit "Ciao moustique."

Je retourne à l’atelier et après avoir donné mon devis à la secrétaire, je retourne finir de câbler une armoire électrique pour la mairie.

D’un coup j’entends que l’on frappe à la vitre, c’est Francesca, elle est venue en vélo, elle a juste passé un manteau, bien que nous soyons en Sicile les hivers son froid. Je sors de l’atelier et je lui dis, "J’ai oublié quelque chose ?" Elle me lance "Oui, ton écharpe !" Je lui réponds, "Merci, mais je l’aurais récupéré lundi, quand je commencerai les travaux…" Elle me dit, "Lundi, je serai loin je pars demain sur le Costa Concordia faire une croisière avec ma mère elle a besoin de se reposer après sa terrible maladie."

"Je finirais les travaux vendredi prochain vous ne serez pas de retour ?" Elle me répond, "Non, car après je m’arrête à Cagliari, je vais chez mes grands-parents pour un mois, le temps que ma maman se rétablisse…"

Puis elle enfourche son vélo, s’approche de moi et me donne un baisé sur la bouche, puis elle part en criant, "Ciao mon amour à bientôt !"

Je n’ai pas dormi de la nuit, ce jeudi matin je saute de mon lit, prends un petit sac, monte dans ma voiture et je roule jusqu’à Palerme là où le Costa Concordia fait escale. Le navire est à quai, je m’approche et je demande à un officier s’il y a de l’embauche, là l’officier éclate de rire et me dit, "Nous n’embauchons pas ici, il faut que tu fasses une demande au siège social de Costa, à Gênes…"

Puis un autre marin l’appelle, il rentre dans le navire et je le suis, là un autre officier me lance, "Et toi tu travailles ici ?" je réponds par l’affirmative, "Oui !" Et de me dire, "Alors viens avec moi ! Tu n’as pas ton uniforme ?" Je lui dis, " Justement je me le suis fait voler !" Il me lance "Comment, où, je ne comprends rien, et ton badge ! Aller décharge cette palette et met tout sur le chariot et tu le portes à la cuisine… Vite, vite !!"

Incroyable je suis sur le navire de ma belle ! Les panneaux m’indiquent la direction des cuisines et je vois un officier qui me dit, "OK aller retourne voir ton chef !"

Les marins courent dans tous les sens, il y a une animation incroyable, de véritable Fourmies, je finis par trouver un ascenseur que je prends et je me retrouve sur le pont 1 du navire, là je suis au milieu des cabines passagers, super… Maintenant je dois retrouver la cabine de ma belle ! Je n’ai aucune information…

Là, je rencontre un officier qui me voyant lire les panneaux me dit, "Bonjour, je suis le commandant SCHETTINO, vous cherchez quelque chose ? Vous me semblez perdu !" Je lui réponds, "Oui, je cherche ma fiancée Francesca." Il se me répond, "Là vous êtes sur le pont 1, sur quel pont se trouve votre cabine ?" Je lance un pont au hasard, "Sur le pont 8 !" Il me répond, "Venez avec moi j’y monte justement c’est le pont de la passerelle de commande. Vous connaissez le numéro de votre cabine ?" Je balbutie, "Justement je viens de monter à bord et je ne me souviens plus du numéro qu’elle m’a dit…"

Nous entrons dans un ascenseur, et là il prend son téléphone, compose un numéro, me regarde et me dit, "Donnez-moi son nom !" Je lui dis, "Francesca BARZINI !" Il s’exclame, "BARZINI ! Je les connais, mais ils ne sont pas sur le pont 8, mais sur le pont 9, juste au dessus de la passerelle de commandement, je crois la cabine 920… Manrico, donne-moi le numéro de la cabine de Don BARZINI ! La 9206, OK, j’arrive…"

Nous arrivons au pont 8, et il me salue et sort rapidement de l’ascenseur… Je sors au pont 9 Francia et je me dirige vers la cabine 9206 qui se trouve à l’avant du navire, là je frappe à la porte et personne ne me répond. Je sais maintenant le numéro de la cabine et je me dirige vers l’arrière du navire, j’arrive dans un grand restaurant et je découvre un buffet, j’interpelle un serveur et je lui demande comment cela fonctionne. Il me dit gentiment, "Vous vous servez, ou vous demandez si vous voulez un plat chaud, et c’est tout !" Je le regarde étonner et je lui dis, "Mais on paye où ?" Il me dit, "Vous ne payez pas c’est compris avec le prix de la croisière."

À jeun depuis la veille, je prends un plateau et je me sers, puis je me dirige vers une table avec vue sur un autre navire de croisière de la compagnie MSC. Je finis mon repas et je décide d’aller me balader dans le navire, j’arrive sur le pont 3, et je sors sur le pont promenade. Là, mon regard se fige, ma Francesca en contrebas elle arrive et entre dans le navire, immédiatement je quitte mon poste et je me dirige droit vers l’ascenseur et remonte sur le pont 9. Je me positionne proche de la cabine, là où se trouve un puits qui donne en contrebas sur un hall avec un bar (Europa bar).

Francesca et sa maman arrive et sortent de l’ascenseur, elles on l’air de bien connaître le navire et tournent directement à droite en direction de leur cabine. Je les suis à distance, mais Francesca tourne la tête et me remarque, elle stoppe net et me fait une grimace et d’un geste de la main me demande pourquoi je suis là. Je lui souri et je m’avance, elle me fait signe "Non !", elle accompagne sa mère dans la cabine et puis quelques secondes plus tard elle sort de la cabine, se met à courir et me saute dans les bras, en me disant, "Tu es fou !" Elle m’embrasse fougueusement…

Elle me dit, "Ma mère est épuisée, elle veut se reposer, je retourne l’aider à s’installer et je te retrouve au Parigi (Buffet)." Elle me laisse, elle fait quelques pas et puis de nouveau elle revient et m’embrasse de nouveau, sa bouche est douce et chaude… Je suis au Paradis, je ne regrette pas un instant ma décision, elle m’aime ! Elle m’aime !! Je suis l’homme le plus heureux au monde, mais je ne me doute pas un instant, comment pourrai-je l’être de ce qu’il va nous arriver dans les heures qui viennent. Mais là le Costa Concordia va quitter Palerme pour la ville de Civitavecchia, port croisière proche de Rome, la dernière escale du navire…

J’arrive au buffet Parigi je me dirige vers la machine qui distribue des jus de fruits et je me sers un verre de jus d’orange, je regarde l’extérieur il y a des personnes sur les balcons du navire MSC face à moi. Un jeune couple à l’air de se disputer et je me dis j’espère qu’avec Francesca nous ne nous disputerons jamais, je me projette déjà dans un temps futur qui n’est peut être qu’un doux rêve.

Mes pensées voguent et se bousculent dans ma tête, quand une main se pose sur mon épaule, une main qui me fait sursauté, et là Francesca me regarde et éclate de rire. Puis elle me dit, "Tu sais le navire va appareiller et tu ne vas plus pouvoir descendre." Puis elle me regarde avec tendresse et ses yeux semblent me dire "je ne veux pas que tu partes !" Puis tout en étant toujours debout elle se baisse me prend le visage entre ses mains et m’embrasse fortement, je sens sa langue fouillée ma bouche, j’ai l’impression que je suffoque ! Puis elle se recule et des larmes coulent sur son joli visage, et elle me lance froidement, "Reste, reste, ne descend pas, reste avec moi, ne me quitte pas, je ne sais pas, mais j’ai l’impression que l’on ne va plus se revoir…"  Je lui réponds aussi sec, "Mais il n’est pas question que je parte, je reste, je reste ici avec toi !"

Elle me prend par la main et nous courons au plus haut du navire là où il y a la cheminée au dessus de la piste de jogging. Il fait extrêmement froid, mais nous sommes chaud bouillant, nos corps s’enlacent, nos mains s’entrelacent, nos bouches se mélangeant. Puis elle s’écarte et elle me dit, "Ma mère n'est pas sicilienne, elle est de Turin, dans le nord ils sont plus ouverts d'esprit, attends, je vais lui parler et tu dormiras avec nous dans la cabine. Pour manger, nous mangerons au buffet, comme cela on ne te demandera rien, je ferai les achats avec ma carte, tu restes, tu restes, tu restes…" Puis elle lève les bras au ciel et hurle, "TU RESSSTTTTEEEESSSS !!!" Et plus doucement elle rajoute, la main sur sa poitrine, "Avec moi !"

Un homme qui fait son jogging, stoppe net dans sa course et essoufflé nous regarde, et nous sourie en hochant la tête de droite à gauche, ou de gauche à droite, en fait peu importe...

Nous revenons à l’intérieur du navire, il y a de l’ambiance, de la musique, les gens sont heureux, ils sont là pour faire la fête en ce début d’année 2012, nous prenons l’ascenseur pour le pont 5 Italia, là où se trouve le plus grand bar du navire le "Berlino", il y a un orchestre qui joue, ils se préparent pour la soirée, nous passons sur la piste et Francesca se met à danser. Nous, nous assaillons au comptoir et elle commande deux cocktails, un Banana daïquiri pour elle et un Pina colada pour moi, elle donne sa carte cabine au barman et me dit, "Nous allons faire la fête jusqu’au bout de la nuit !!! Jusqu'au bout de nos vies".

Puis nous retournons sur le pont promenade et là mon téléphone sonne c’est mon patron, je décroche et il me demande où je suis, je lui réponds que ma grand-mère qui habite Palerme est en train de mourir. Que la Madone la protège de mon horrible mensonge, et je lui rajoute que je serai absent quelques jours. Il hurle en me disant que je suis, que je suis… en fait, je n’entends même pas ses paroles de colère, il ne me croit pas, et je ne vois et n’entend que les yeux et la voix de ma belle, le reste je m’en fou et je coupe mon téléphone…

Fin de la première partie.

 
 
 
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Marco Mannella