Le naufrage du Costa Concordia

 

 

 

 

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Le rescapé oublié !
 

Pour l’amour d’une jeune femme, un jeune homme va sur un coup de folie embarquer sur le Costa Concordia à Palerme (I) et cela la veille du naufrage, en tant que passager clandestin. Par la suite, il va rester prisonnier du navire pendant cinq jours, il va voir la mort à plusieurs reprises de prés, avant de trouver une issue pour sortir des entrailles du Costa Concordia. La belle le cherchera toute la nuit et une partie de la journée du samedi dans les rues et sur le port de l’île de Giglio, avant de prévenir les secours, je lui laisse à lui le soin de vous raconter son terrible périple…Les noms et prénoms des personnages (sauf les officiers) ont pour des raisons de confidentialités été modifiés. Pour animer cette page j'ai choisi une chanson de Roberto Alagna, de son dernier album Malèna, chanson qui correspond parfaitement à l'histoire de Andrea...

 
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Roberto Alagna - Tu si da mia
 
 
Un coup de folie !
 

Je m’appelle Andrea MANALESE, je suis né en Sicile en 1987, à Castelvetrano dans la Province de Trapani plus exactement, à 110 kilomètres de Palerme. J’ai fait des études d’électricien en bâtiment et je travaille dans une petite entreprise de ma ville natale.

Un matin j’arrive à l’atelier et mon patron m’interpelle, "Andrea va à cette adresse et voit avec le propriétaire pour déplacer le tableau électrique et 3 prises de courant et je crois 2 interrupteurs."

Je ne me doutais pas un instant ce jour-là que ma vie aller totalement basculer et que j’allais vivre une histoire extraordinaire, une histoire triste, mais extraordinaire...

Arrivé à l’adresse indiquée, je découvre une belle maison bourgeoise avec un immense parc, je sonne à l’interphone du portail en fer forgé, une immense structure de 3 m de haut, et là une voix d’homme me demande ce que je veux.

Je lui dis je suis l’électricien, je viens pour les travaux que Don BARZINI a commandés à mon patron MANCINI ! Le portail s’ouvre et je prends l’allée qui mène à la porte d’entrée, la porte s’ouvre et face à moi je découvre une jeune fille d’une très grande beauté. Cheveux longs noir corbeau, des yeux d’un vert profond, qui me fixe sévèrement et elle me lance, "Que veux-tu ?"

Je lui réponds timidement " je suis Andrea, l’électricien !"

Elle me répond, " je suis Francesca BARZINI, mon père est de l’autre coté de la maison avec mon frère Aldo et le maçon, fait le tour !" Elle me montre du doigt le côté gauche de la maison. Je m’exécute et je prends la direction qu’elle m’a indiquée.

Je me souviens en partant lui avoir balbutié quelques mots du style, "Merci, merci bonne journée." Mais je sens une douce sensation monter de mes entrailles, je pense même que mon visage est rouge écarlate.

Elle le remarque et a un petit sourire moqueur devant mon trouble en me disant, "Tu as vu la Madone ou Lucifer ?" et de rajouter "Aller va mon père t’attend."

L’accueil du père est glacial il me fait penser à Don CORLEONE, dans le film Le Parrain, avec une voix faible et cassée, il me demande sèchement de le suivre et nous arrivons dans la cuisine, là des ouvriers sont en train de faire des travaux de maçonnerie, pour agrandir la pièce.

Je prends note de se qu’il me demande et je demande au chef des maçons qui se nomme Luigi quand je peux venir faire les travaux, je le connais bien nous avons fait plusieurs chantiers ensemble. Il me dit, "Dans deux jours tu pourras commencer à faire les saigner et tirer les gaines, ensuite je ferai le rebouchage et le scellement de tes boîtiers."

Je quitte la pièce et je refais le tour de la maison, là sur le chemin je rencontre Francesca, elle est vêtue d’un jeans moulant qui modèle à la perfection ses longues jambes, et donne à ses fesses un rebondi et une fermeté incroyable. Elle porte aussi un joli chemisier blanc légèrement ouvert qui laisse transparaître une jolie poitrine de taille moyenne, juste ce qu’il faut, mais il ne fait pas chaud et les pointes de ses seins sont tendues sous le chemisier !

Elle me lance, "Encore toi !" Je lui dis "Oui j’ai terminé avec votre père et je retourne à l’atelier."

"Viens, je vais te montrer quelque chose !"  Je la suis et nous arrivons devant une fontaine, dont la statue représente Vénus, la déesse de l’amour, elle en fait le tour en riant et me dit, "elle est belle, non ?" Je lui réponds timidement, "Oui !" Elle s’approche de moi et me dit, "Quel âge as-tu ?" Je lui réponds, "J’ai 25 ans ! Et vous ?" Elle me rétorque, "Houlà tu es vieux, moi j’ai 18 ans !"

D’un coup au loin une voix d’homme crie, "Francesca ! Francesca !" Elle m’attrape les mains et me dit, "Cache-toi, vite cache-toi c’est mon frère Aldo, il va te tuer !!"

Je me cache derrière un petit muret et son frère arrive et lui dit, "On te cherche de partout, je t’ai déjà dit de ne pas venir seule ici. Va te préparer, et range tes affaires tu pars avec la Mama sur le bateau ne l’oublie pas."

Je fais un pas en arrière de peur que le frère me remarque et j’embronche une pierre. "Qui est là avec toi ? Sort de là me dit-il !"

"Que fais-tu là me lance-t-il ?" Je balbutie, "Rien, enfin, je, je…" Francesca lui dit, "laisse-le tranquille, je lui ai demandé de venir pour qu’il me dise si l’on pouvait éclairer la Vénus…"

Il me regarde froidement et me lance, "C’est vrai ? Si tu touches un cheveu de ma sœur, tu es un homme mort ! C’est compris ?"

Je lui réponds, "Ou, oui !"

Me raccompagnant à la porte, il me dit "Ciao moustique."

Je retourne à l’atelier et après avoir donné mon devis à la secrétaire, je retourne finir de câbler une armoire électrique pour la mairie.

D’un coup j’entends que l’on frappe à la vitre, c’est Francesca, elle est venue en vélo, elle a juste passé un manteau, bien que nous soyons en Sicile les hivers son froid. Je sors de l’atelier et je lui dis, "J’ai oublié quelque chose ?" Elle me lance "Oui, ton écharpe !" Je lui réponds, "Merci, mais je l’aurais récupéré lundi, quand je commencerai les travaux…" Elle me dit, "Lundi, je serai loin je pars demain sur le Costa Concordia faire une croisière avec ma mère elle a besoin de se reposer après sa terrible maladie."

"Je finirais les travaux vendredi prochain vous ne serez pas de retour ?" Elle me répond, "Non, car après je m’arrête à Cagliari, je vais chez mes grands-parents pour un mois, le temps que ma maman se rétablisse…"

Puis elle enfourche son vélo, s’approche de moi et me donne un baisé sur la bouche, puis elle part en criant, "Ciao mon amour à bientôt !"

Je n’ai pas dormi de la nuit, ce jeudi matin je saute de mon lit, prends un petit sac, monte dans ma voiture et je roule jusqu’à Palerme là où le Costa Concordia fait escale. Le navire est à quai, je m’approche et je demande à un officier s’il y a de l’embauche, là l’officier éclate de rire et me dit, "Nous n’embauchons pas ici, il faut que tu fasses une demande au siège social de Costa, à Gênes…"

Puis un autre marin l’appelle, il rentre dans le navire et je le suis, là un autre officier me lance, "Et toi tu travailles ici ?" je réponds par l’affirmative, "Oui !" Et de me dire, "Alors viens avec moi ! Tu n’as pas ton uniforme ?" Je lui dis, " Justement je me le suis fait voler !" Il me lance "Comment, où, je ne comprends rien, et ton badge ! Aller décharge cette palette et met tout sur le chariot et tu le portes à la cuisine… Vite, vite !!"

Incroyable je suis sur le navire de ma belle ! Les panneaux m’indiquent la direction des cuisines et je vois un officier qui me dit, "OK aller retourne voir ton chef !"

Les marins courent dans tous les sens, il y a une animation incroyable, de véritable Fourmies, je finis par trouver un ascenseur que je prends et je me retrouve sur le pont 1 du navire, là je suis au milieu des cabines passagers, super… Maintenant je dois retrouver la cabine de ma belle ! Je n’ai aucune information…

Là, je rencontre un officier qui me voyant lire les panneaux me dit, "Bonjour, je suis le commandant SCHETTINO, vous cherchez quelque chose ? Vous me semblez perdu !" Je lui réponds, "Oui, je cherche ma fiancée Francesca." Il se me répond, "Là vous êtes sur le pont 1, sur quel pont se trouve votre cabine ?" Je lance un pont au hasard, "Sur le pont 8 !" Il me répond, "Venez avec moi j’y monte justement c’est le pont de la passerelle de commande. Vous connaissez le numéro de votre cabine ?" Je balbutie, "Justement je viens de monter à bord et je ne me souviens plus du numéro qu’elle m’a dit…"

Nous entrons dans un ascenseur, et là il prend son téléphone, compose un numéro, me regarde et me dit, "Donnez-moi son nom !" Je lui dis, "Francesca BARZINI !" Il s’exclame, "BARZINI ! Je les connais, mais ils ne sont pas sur le pont 8, mais sur le pont 9, juste au dessus de la passerelle de commandement, je crois la cabine 920… Manrico, donne-moi le numéro de la cabine de Don BARZINI ! La 9206, OK, j’arrive…"

Nous arrivons au pont 8, et il me salue et sort rapidement de l’ascenseur… Je sors au pont 9 Francia et je me dirige vers la cabine 9206 qui se trouve à l’avant du navire, là je frappe à la porte et personne ne me répond. Je sais maintenant le numéro de la cabine et je me dirige vers l’arrière du navire, j’arrive dans un grand restaurant et je découvre un buffet, j’interpelle un serveur et je lui demande comment cela fonctionne. Il me dit gentiment, "Vous vous servez, ou vous demandez si vous voulez un plat chaud, et c’est tout !" Je le regarde étonner et je lui dis, "Mais on paye où ?" Il me dit, "Vous ne payez pas c’est compris avec le prix de la croisière."

À jeun depuis la veille, je prends un plateau et je me sers, puis je me dirige vers une table avec vue sur un autre navire de croisière de la compagnie MSC. Je finis mon repas et je décide d’aller me balader dans le navire, j’arrive sur le pont 3, et je sors sur le pont promenade. Là, mon regard se fige, ma Francesca en contrebas elle arrive et entre dans le navire, immédiatement je quitte mon poste et je me dirige droit vers l’ascenseur et remonte sur le pont 9. Je me positionne proche de la cabine, là où se trouve un puits qui donne en contrebas sur un hall avec un bar (Europa bar).

Francesca et sa maman arrive et sortent de l’ascenseur, elles on l’air de bien connaître le navire et tournent directement à droite en direction de leur cabine. Je les suis à distance, mais Francesca tourne la tête et me remarque, elle stoppe net et me fait une grimace et d’un geste de la main me demande pourquoi je suis là. Je lui souri et je m’avance, elle me fait signe "Non !", elle accompagne sa mère dans la cabine et puis quelques secondes plus tard elle sort de la cabine, se met à courir et me saute dans les bras, en me disant, "Tu es fou !" Elle m’embrasse fougueusement…

Elle me dit, "Ma mère est épuisée, elle veut se reposer, je retourne l’aider à s’installer et je te retrouve au Parigi (Buffet)." Elle me laisse, elle fait quelques pas et puis de nouveau elle revient et m’embrasse de nouveau, sa bouche est douce et chaude… Je suis au Paradis, je ne regrette pas un instant ma décision, elle m’aime ! Elle m’aime !! Je suis l’homme le plus heureux au monde, mais je ne me doute pas un instant, comment pourrai-je l’être de ce qu’il va nous arriver dans les heures qui viennent. Mais là le Costa Concordia va quitter Palerme pour la ville de Civitavecchia, port croisière proche de Rome, la dernière escale du navire…

J’arrive au buffet Parigi je me dirige vers la machine qui distribue des jus de fruits et je me sers un verre de jus d’orange, je regarde l’extérieur il y a des personnes sur les balcons du navire MSC face à moi. Un jeune couple à l’air de se disputer et je me dis j’espère qu’avec Francesca nous ne nous disputerons jamais, je me projette déjà dans un temps futur qui n’est peut être qu’un doux rêve.

Mes pensées voguent et se bousculent dans ma tête, quand une main se pose sur mon épaule, une main qui me fait sursauté, et là Francesca me regarde et éclate de rire. Puis elle me dit, "Tu sais le navire va appareiller et tu ne vas plus pouvoir descendre." Puis elle me regarde avec tendresse et ses yeux semblent me dire "je ne veux pas que tu partes !" Puis tout en étant toujours debout elle se baisse me prend le visage entre ses mains et m’embrasse fortement, je sens sa langue fouillée ma bouche, j’ai l’impression que je suffoque ! Puis elle se recule et des larmes coulent sur son joli visage, et elle me lance froidement, "Reste, reste, ne descend pas, reste avec moi, ne me quitte pas, je ne sais pas, mais j’ai l’impression que l’on ne va plus se revoir…"  Je lui réponds aussi sec, "Mais il n’est pas question que je parte, je reste, je reste ici avec toi !"

Elle me prend par la main et nous courons au plus haut du navire là où il y a la cheminée au dessus de la piste de jogging. Il fait extrêmement froid, mais nous sommes chaud bouillant, nos corps s’enlacent, nos mains s’entrelacent, nos bouches se mélangeant. Puis elle s’écarte et elle me dit, "Ma mère n'est pas sicilienne, elle est de Turin, dans le nord ils sont plus ouverts d'esprit, attends, je vais lui parler et tu dormiras avec nous dans la cabine. Pour manger, nous mangerons au buffet, comme cela on ne te demandera rien, je ferai les achats avec ma carte, tu restes, tu restes, tu restes…" Puis elle lève les bras au ciel et hurle, "TU RESSSTTTTEEEESSSS !!!" Et plus doucement elle rajoute, la main sur sa poitrine, "Avec moi !"

Un homme qui fait son jogging, stoppe net dans sa course et essoufflé nous regarde, et nous sourie en hochant la tête de droite à gauche, ou de gauche à droite, en fait peu importe...

Nous revenons à l’intérieur du navire, il y a de l’ambiance, de la musique, les gens sont heureux, ils sont là pour faire la fête en ce début d’année 2012, nous prenons l’ascenseur pour le pont 5 Italia, là où se trouve le plus grand bar du navire le "Berlino", il y a un orchestre qui joue, ils se préparent pour la soirée, nous passons sur la piste et Francesca se met à danser. Nous, nous assaillons au comptoir et elle commande deux cocktails, un Banana daïquiri pour elle et un Pina colada pour moi, elle donne sa carte cabine au barman et me dit, "Nous allons faire la fête jusqu’au bout de la nuit !!! Jusqu'au bout de nos vies".

Puis nous retournons sur le pont promenade et là mon téléphone sonne c’est mon patron, je décroche et il me demande où je suis, je lui réponds que ma grand-mère qui habite Palerme est en train de mourir. Que la Madone la protège de mon horrible mensonge, et je lui rajoute que je serai absent quelques jours. Il hurle en me disant que je suis, que je suis… en fait, je n’entends même pas ses paroles de colère, il ne me croit pas, et je ne vois et n’entend que les yeux et la voix de ma belle, le reste je m’en fou et je coupe mon téléphone…

 
Photo prise du Costa Concordia à Palerme (I)
 

Premier jour sur le Costa Concordia.

 

La nuit est tombée et le Costa Concordia quitte Palerme, avec Francesca nous courons vers le bastingage coté quai, et avec de grands gestes et cries nous disons au revoir à Palerme et à la Sicile. Nous restons de longues minutes à côté l’un de l’autre nous tenant par la main à regarder le navire s’éloigner du port. Francesca me dit, "Je vais parler à ma mère, je vais lui dire, elle sera obligée de trouver une solution, car elle ne voudra pas qu’il y des problèmes !"

Je lui prends les deux mains et je lui dis, "Écoute Francesca, si tu fais cela, je ne sais pas pourquoi, mais cela va tout gâcher, je vais trouver une solution donne moi jusqu’à demain. Tu me le promets ?" Elle me regarde et me dis, "Tu es fou, mais où vas-tu dormir cette nuit ?" Je lui réponds, "Je suis comme Jack Dawson, tu sais dans le film Titanic…" Et là je monte sur le bastingage et je pousse un hurlement, "Je suis le roi du monde !"  

Francesca éclate de rire, et me dit, "Tu es fou, totalement fou, nous ne sommes pas en 1912, nous sommes en 2012, et le Costa Concordia n’est pas le Titanic ! Nous n’allons pas couler…" Cette phrase me restera graver dans ma mémoire, elle y restera tout au long de mon périple des cinq jours qui vont suivre et elle m’aidera à ne pas finir justement comme Jack Dawson. Mais nous n’en sommes pas encore à ce moment de notre voyage, d’abord il y a la fête, le bonheur, l’amour, notre amour !

Revenant aux choses plus sérieuses je dis à ma belle, "Francesca, voilà mon plan, d’abord tu vas rester avec ta mère comme prévu. Ne t’inquiète pas, je vais manger au buffet, puis on se retrouve vers 23 h à l’Europa bar… Nous allons faire la fête toute la nuit, après je trouverais bien un endroit pour dormir. Ensuite on fera le point, demain matin, d’accord ?" Francesca me dit, "D’accord !" Puis elle me tend sa carte de passager et elle me dit, "Tiens, au Parigi pour les boissons il te faut payer, tu n’auras qu’à signer la facture, rien d’autre." Puis elle regarde sa montre et me lance, "Mon Dieu, je suis en retard ma mère va me tuer !! " Elle me saute au cou et m’embrasse fortement sur la bouche, puis elle part en courant, elle se retourne et me crie, "Je t’aime, je t’aime !!! " Elle ne remarque pas un homme qui arrive derrière elle, le bouscule et ils chutent tous les deux, la compagne du vieux monsieur lui crie, "Mais vous ne pouvez pas faire attention !! Idiote !!" Puis s’adressant à son mari elle lui demande si tout va bien, oui lui répond ce dernier en se relevant, Francesca l’aide à se relever et s’excuse puis reprend sa course…

Je déambule au milieu d’une foule de passagers, dehors la nuit est tombée, il ne fait pas chaud et personne ne souhaite sortir sur le pont promenade. Je m’arrête devant un mur de photos prises par le photographe de chez Costa au moment où les passagers embarquent pour la première fois, pendant les différentes soirées ou dans les restaurants du navire. Mon regard se porte sur l’une d’enter elles, celle de Francesca et de sa maman, mon Dieu comme elle est belle, je sors mon téléphone portable et je prends une photo de la photo. Là une main se pose sur mon épaule et un membre d’équipage me dit sèchement, "Monsieur, non, il ne faut pas prendre des photos, c’est interdit…" Je m’excuse et je reprends ma déambulation.

Je rentre dans la plus grande des boutiques, "Art Gallery", là il y a un peu de tout, des bijoux, des vêtements, la plupart à l’effigie Costa, des maquettes du navire, des lunettes, et aussi des produits de toilette, cigarettes, biscuits… En ressortant un couple d’une quarantaine d’années m’interpelle et me demande de les prendre en photos, sur le pont inférieur des musiciens interprètent des morceaux de musiques connues, des personnes assises sur les fauteuils dégustant une boisson en écoutant les musiciens, d’autres se croisent, montent dans les ascenseurs vitrés qui donnent sur l’immense hall.

Puis je remarque des personnes qui se dirigent vers le théâtre, je les suis, j’hésite croyant que l’on va me demander ma carte, mais non, rien je rentre dans le théâtre qui est immense, il se remplit doucement, il y à une musique d’ambiance, des lumières de couleurs défilent sur les divers gardes corps des différents balcons, autour de la scène il y a des éclairages qui eux aussi changent de couleurs. Puis je lève la tête et je remarque un immense lustre qui lui aussi change de couleur… Que c’est beau, j’ai l’impression de vivre un rêve, quand soudain, derrière moi, quelqu’un me tape sur l’épaule, je suis dans mes songes, et je ne peux m’empêcher de sursauter.

Je me retourne, et là, Francesca me sourit, elle est habillée d’une robe moulante corail qui lui arrive à mi-cuisses, des chaussures à talons hauts, dans le même ton, des bas couleurs chair, elle est légèrement maquillée, elle à un très beau visage naturel qui ne nécessite pas d’être recouvert de fard, fond de teint ou autre… Elle me saute au cou et me dit, "On va où ? Danser, boire, manger ?" Puis elle baisse les yeux timidement et me lance, "À part que tu veux que je sois ta muse ?" Je la regarde légèrement timoré et admiratif devant une telle beauté et je lui dis, "Ma muse ?" Elle me répond, "Oui, ton inspiratrice, ton modèle, tu serais un grand peintre, je ne sais pas… Tiens oui, Giovanni Boldini ! Non pas lui il ne peignait que des portraits. Ou, ou, le français, heu Picasso, non, plutôt Giorgione, oui lui, un grand peintre vénitien, il a peint un magnifique tableau de la Vénus endormie, j’ai une copie dans ma chambre… " Je l’a reprend gentiment et je lui dis, "Francesca, Picasso, enfin je ne suis pas un grand connaisseur, mais je crois qu’il est espagnol, non !" Elle reste un instant silencieuse, puis passe un officier, elle l’interpelle et lui demande, "Pardon, Picasso, vous savez le peintre, il était français ou espagnol ?" L’officier lui sourit et lui dit, "Je ne suis pas spécialiste, mais je crois qu’il était espagnol, non !" Francesca devient toute rouge, et lui répond timidement, "Merci !"

La sentant mal à l’aise, je la prends par la main, et je lui dis, "J’ai vu qu’il y avait de belles pizzas au Parigi, on va en manger une ?" Elle me répond, "OOuuuuiii si c’est le même pizzaiolo de l’année dernière il fait des pizzas napolitaines super, les meilleures du monde !!! Tu m’invites et je t’offre les boissons…" Je la prends par la taille direction l’ascenseur pour le pont 9.

Dans l’ascenseur je lui demande des nouvelles de sa maman qui est restée en cabine, "Et ta maman ?" Elle me répond, "Elle est très fatiguée, elle a été opérée il y a quelques mois d’un cancer du sein gauche, elle a subi des séances de radiothérapie et maintenant elle prend un médicament journalier qui l’épuise…" Je lui dis, "Elle dort ?" Francesca me répond, "Non je ne crois pas, elle devait téléphoner à mon père et à mon frère, et a de la famille. Après je pense qu’elle va sûrement prendre une douche, se mettre au lit et elle lira un livre… Sûrement avec "Under the Dome, le dernier livre de Stephen King !"

Francesca ne m’a pas menti, les pizzas sont délicieuses ! En les dégustant, on se raconte nos vies respectives, elle me dit qu’elle rêve d’être mannequin, mais que son père veut qu’avant de penser à une carrière artistique, elle doive terminer ses études de droit. "Mon père voudrait que je sois avocate, comme mon oncle et je pourrai travailler dans sa société de consulting international en import/export. Mais je ne veux pas passer ma vie à courir dans les prétoires ou rester à éplucher des milliers de lois, textes et autres dans un bureau…"

Et toi me demande t’elle, "Mon objectif à moi est plus simpliste, devenir patron de ma propre société d’électricité, mais là cet une autre histoire, surtout une histoire financière. Construire ma propre maison à San Vito Lo Capo, avec sa magnifique plage et son eau turquoise, là-bas on dirait que tu es aux Caraïbes ! Il y a aussi ses falaises de granit rouge… Ou encore la réserve de Zingaro ! Mon rêve, vivre là-bas. Puis rencontrer ma femme, celle qui partagera ma vie et qui me donnera de beaux enfants…"

Francesca me dit, "Des enfants ! Non pas maintenant, je suis trop jeune et je veux vivre d’abord ma vie, pas faire comme mes parents, qui toutes leurs vies ils se sont sacrifiés pour moi et mes deux frères… " Là la vision de son futur me déstabilise un peu, "devenir mannequin !" Quand je regarde mon ambition pour mon futur, je vois bien que nous ne sommes pas dans la même vision de notre vie future, dans le même monde. Francesca est une enfant gâtée, elle ne connaît pas les fins de mois difficiles, elle est à des années lumières de la misère des basses classes. Nous appartenons à deux mondes différents, je ne peux espérer qu’une relation de quelques jours, après elle passera à autre chose. Je suis, je suppose une forme d’objet, un objet qu’elle veut posséder, et après…

Pendant qu’elle parle, un véritable moulin à parole, mes pensées s’envolent vers d’autres planètes, plus accessible pour moi. Une maman gronde son petit enfant proche du buffet, mon regard est attiré par cette scène, elle lui reproche d’avoir sali son beau pull-over, d’un bleu azur avec la sauce de la pizza qui était sur le plateau. Le gamin, sûrement affamé a voulu goûter avec son doigt et il a fait tomber de la sauce sur son pull-over. Francesca ne s’aperçoit même pas que j’ai déconnecté de sa discussion. Puis passe un officier, il me regarde, me salut et continu son chemin, d’un coup un étrange sentiment traverse mon esprit, "serai-je devenu fou !"

Que va penser mon patron, va-t-il comprendre mon coup de folie ! Je m’interroge puis je sens mon téléphone qui vibre, je regarde un message justement de mon patron, il veut que je le contacte immédiatement. Mon regard se lève vers Francesca, et je la coupe dans sa discussion, et je lui dis, "Francesca, je dois rappeler mon patron, je vais dans un coin plus calme et je reviens." Je me lève, lui donne un baisé sur les lèvres et je m’éloigne dans un lieu moins bruyant. 

"Allo patron !" Mon patron me dit, "Mais où es-tu ? Je viens d’avoir ton père au téléphone qui s’inquiète que tu ne sois pas entré chez toi. Tout le monde te cherche ! C’est quoi cette histoire de grand-mère morte ? Tu es où ?" Je lui réponds, "M. MANCINI, je ne peux rien vous dire, je serai de retour dans quelques jours, je vous le promets, mais là je ne peux rien vous dire. Rassurez mes parents, dites-leur que je vais bien, que je les contacte tantôt, je vais leur envoyer un SMS."

Mais là, le téléphone coupe, je n’ai plus de réseau !

Je retourne voir Francesca elle me regarde, je dois avoir une drôle de tête, car elle me dit, "Tu vas bien ? Rien de grave j’espère ?" Je lui réponds, "Non, non, tout va bien, j’ai arrangé l’affaire avec mon patron MACINI, il me donne quelques jours de vacances." Là c’est son téléphone qui sonne, c’est sa mère qui lui demande de venir, elle à faim et elle veut aller manger. Francesca me dit, "Andrea, je te quitte une petite heure, on se retrouve au Berlino, OK ?" Je lui réponds, "Oui, bien sûr, après on fera la fête !" Elle me répond, "Oui, jusqu’au bout de la nuit !!!" Elle part et je reste seul à finir ma pizza qui est froide maintenant…

Une serveuse asiatique qui nettoie la table mitoyenne à la mienne, me regarde et me dit,  "Notre bateau glisse sur le fleuve calme. Au-delà du verger qui borde la rive, je regarde les montagnes bleues et les nuages blancs. Ma belle sommeille, la main dans l'eau. Un papillon s'est posé sur son épaule, a battu des ailes et puis s'est envolé. Longuement je l'ai suivi des yeux. Il se dirigeait vers les montagnes de Tchang-nân. Était-ce un papillon, ou le rêve que venait de faire ma belle ?" Puis elle rajoute, "Ne crois pas aux rêves que te raconte ta belle, son amour pour toi est plus fort que tu ne l’imagines, elle te tend un piège, cours, cours va la rejoindre ou demain tu la perdras !" Je me lève et je fonce tout droit vers le Riviera Magica Lido (bar et piscine), je le traverse et je prends le couloir qui mène à sa cabine, je vois ma belle pleurer et s’essuyer le visage avec le dos de sa main, le dos collé au mur. En m’apercevant, elle me regarde et se jette à mon cou, et m’embrasse fortement et elle me dit, "Andrea, tu veux être le père de mes enfants ?" À mon tour, les larmes roulent sur mes joues et je lui dis, "Oui, oui Francesca !!" Elle me répond en reniflant, "Attend moi au Berlino, je fais le plus vite possible ! Mon amour, je t’aime…"

Je me dirige vers les ascenseurs pour descendre au pont 5 Italia, je préfère l’attendre là bas assis si possible proche des musiciens, j’aime cette ambiance variété qui me donne de la joie et de la gaîté dans la tête et dans mon cœur, je ne veux plus avoir de doute, d’interrogation sur notre futur à Francesca et moi.

Je croise un couple de personnes d’un certain âge qui cherchent la chapelle du navire, "Pardon Monsieur nous cherchons la chapelle, vous savez sur quel pont elle se trouve ? Nous avons oublié le plan dans notre cabine…" Je les regarde éberluer, se sont des Français, je crois, et je ne parle pas le français, je leur réponds que je ne parle pas le français et que je ne comprends pas se qu’ils me demandent. Mais le monsieur parle un peu l’italien, et je comprends donc qu’ils cherchent la chapelle, je lui réponds, "Excusez-moi, mais je ne savais pas qu’il y avait une chapelle sur le navire." Le monsieur me regarde étonner et me demande en mauvais italien, "Italienne avez-vous été ? Vous aimez de Dieu, la mère de Dieu ? Nous chercher ! " Arrive vers nous, dans le dos des Français, un groupe d’Italiens, je les interpelle, "Excuser moi vous savez où se trouve la chapelle ? " Une dame me répond, "Oui la chapelle se trouve sur le pont 4 Grecia, à l’arrière du navire, vers le restaurant Roma " Je remercie la dame et je fais signe au français de me suivre nous prenons l’ascenseur jusqu’au pont 4, je cherche à comprendre où se trouve l’arrière du navire. Passe un monsieur assez presser, je lui demande, "Vous savez où se trouve le restaurant Roma ?" Il me montre du doigt le couloir derrière moi…

Nous arrivons devant l’entrée de la chapelle, et là je remarque la Vierge Marie, avec l’enfant, il y a un bouquet de fleurs, je ne vois même plus le couple de Français, je me signe, "Au nom du père, du fils, du Saint-Esprit, ainsi soit-il." Je m’agenouille et je lui demande de me donner la force pour gagner la compréhension et l’amour de sa famille. Je lui demande aussi de la protéger, de l’aider, de lui donner à elle aussi la force de parler à ses parents, car s’est cela qui lui a fait couler les larmes dans ses beaux yeux, la peur de ne pas être comprise, peut être enfermée, éloignée de l’amour de sa vie… "Mon Dieu, je deviens fou, Vierge Marie, Sainte entre toutes les Saintes, aidez-moi, aidez-moi, je vous en supplie, aidez-nous !"

Des larmes s’écoulent de mes yeux, je m’essuie avec le revers de la main, je me pose des questions, dois-je poursuivre ma route ? Francesca est encore une adolescente elle ne prend pas la mesure des choses, de ma folie, du fait que je risque de tout perdre mon emploi, mon cœur, mon âme… J’entre dans la chapelle, je m’assoie et je joins mes mains, je prie, j’implore Dieu, je lui demande de me venir en aide, de m’ôter le doute qui traverse mon esprit quand Francesca s’éloigne de moi. Sa famille, sa stature, sont des éléments que je dois prendre en compte. En plus, je suis plus âgé qu’elle, pas de beaucoup, mais quand même. J’implore Santa Rosalia, la sainte patronne de Palerme ma ville de naissance, San Giovanni Battista le Saint Patron de la ville où j'habite Castelvetrano et tous les Saints…

Mon téléphone sonne, c’est encore mon père, cela fait plusieurs fois qu’il tente de me joindre, "Allo papa !" Mon père, "Mais où es-tu ? Ta mère devient folle ! Don MANCINI me dit que tu lui as dit que ta grand-mère était morte !!!" Je le coupe, je sais que mon père n’est pas un homme autoritaire avec moi, je suis l’aîné de la famille et il sait que je ne suis pas un voyou, "Papa, voilà, hier j’ai été faire un devis chez Don BARZINI, j’ai fait la connaissance de sa fille, Francesca, elle est belle, si tu savais comme elle est belle… Mais elle est partie en croisière sur le Costa Concordia, je suis… Papa, maman, je vous aime, mais j’ai le feu en moi, pardonnez-moi, pardonnez-moi !! Je suis parti sur le Costa Concordia…" Mon père reste sans voix, ma mère à côté de lui hurle, "Mais il est devenu fou, notre fils est devenu fou !!!" Je dis à mon père, "Papa, papa !!!" Mon père a coupé le téléphone, je décide de lui envoyer un SMS, pour que lui et ma mère me pardonnent, qu’ils me pardonnent ma folie…

Je reprends mes esprits et je me dirige vers les ascenseurs, je prends les escaliers pour monter sur le pont 5, j’arrive au Berlino, Francesca est déjà là, "Mais où été tu ?" Je lui réponds, "Il est tellement grand ce navire que je me suis perdu, j’ai été prié à la chapelle. Prier Santa Rosalia, pour qu’elle nous protège et protège notre amour." Francesca me répond, "Mon amour, mon amour !" Puis elle prend mon visage dans ses deux mains et me donne un long baisé. "Andrea, ma mère à manger un bout au Parigi, il y avait trop de bruit elle a voulue retournée dans la cabine. Allez, hop on va faire la fête toute la nuit."

Cette nuit a été la plus courte de ma vie, nous avons dansé une longue partie de la nuit, puis nous sommes revenu dans le grand hall du navire, il n’y avait plus personne, juste quelques membres d’équipage qui faisait du rangement et du nettoyage. Tout était calme, Francesca assise sur mes genoux, sa tête dans mon cou s’est endormie comme un bébé. J’ai des fourmillements dans mes jambes, mais je n’ose la réveiller, mais c’est elle qui se réveille et me regarde, les yeux encore endormis, et elle me dit, "Viens, viens, on va se coucher !" Je la regarde d’un air étonné et je lui dis, "Tu penses à ta mère ?" Francesca me dit, "Mais où vas-tu dormir alors ?" Je lui réponds, "Ne t’inquiète pas j’ai trouvé un endroit, ici au Berlino !"

Je raccompagne Francesca à sa cabine, nous échangeons un long baisé, puis elle est tellement épuisée qu’elle rentre dans sa cabine en me disant "Bonne nuit mon amour." J’arrive au Berlino, il n’y a plus personne, je vais vers le comptoir, il n’y a plus rien tout a été rangé dans les armoires et frigidaires, et cela, bien fermer à clef. J’ai soif, je me dirige vers les toilettes, je bois l’eau du lavabo, elle n’est pas terrible… Je regarde ma montre il est 3h30, je pense que je n’ai pas beaucoup de temps pour dormir, je passe derrière la scène de spectacle et là je découvre des couvertures et surtout des bouteilles d’eau, et même un paquet de galette… Avec les couvertures, je me prépare un lit douillet et je me couche, je ferme les yeux et je pense à ma belle.

 
Grand bar Berlino
 

Rencontre avec la belle Carla.

 

D’un coup je suis réveillé par des voix d’hommes et de femmes, ils ne parlent pas italien, ils parlent asiatique, je regarde ma montre il est 7h10 du matin. Mon Dieu déjà ! Je sors discrètement et je me dirige vers les ascenseurs, je monte au buffet Parigi pour voir si je peux déjeuner. Là il y a déjà du monde, surtout des personnes d’un certain âge, Francesca m’a dit que tous les jours il y a des départs pour des excursions, par la vitre je vois que nous arrivons à Civitavecchia/Rome. Je m’approche du buffet, je prends un plateau, et mes yeux s’écarquillent, il y a de tout, du sucré du salé, je me sers, puis je me dirige vers les machines pour prendre le café et du jus d’orange. Puis je m’assois à une table contre la vitre et je regarde la manœuvre du navire qui accoste. Mon téléphone sonne c’est Francesca avec une toute petite voix elle me dit, "Où es-tu mon amour ?" Je lui réponds, "Je déjeune au Parigi, je vais exploser tellement il y a de choses à manger !" Francesca me dit, "Andrea, je suis désolé, mais ma mère a prévu de voir ma tante et mon oncle à Rome, nous partons pour la journée, je suis désolé, je t’aime, je t’aime !" Je reste sans voix, un morceau de gâteau au chocolat dans la bouche. "Je coupe ma mère sort de la douche, je t’aime à ce soir mon amour."

Je termine de déjeuner, je monte sur le pont promenade, il y a un beau soleil, mais il fait froid, une petite brise marine, j’ai entendu ce matin des personnes qui disaient que le temps aller se couvrir en début d’après-midi. Je m’installe sur un transat, je regarde au loin, je me dis toute une journée seul, puis le froid m’interpelle un nuage passe et je décide de revenir à l’intérieur. Je me promène de long en large du navire, je vais à la bibliothèque, puis je me dirige vers l’arrière au Mediterraneo Lido, il y a des transats, une piscine, mais je n’ai pas de maillot, un écran géant qui diffuse des clips, je prends des serviettes qui se trouvent dans un meuble, je m’allonge et je regarde les animations qui se déroulent sous l’écran pour les passagers qui sont restés à bord. Je suis tellement épuisé que même avec le bruit des animations je m’endors.

Une jeune femme d’une trentaine d’années s’assoit sur un transat à une dizaine de mètres de moi, un livre à la main. Voyant que je la regarde, elle me sourie et me dit, "Bonjour, vous êtes italien ?" Je lui réponds que oui, elle me dit, "Vous êtes d’où ?" Je lui réponds, "De Sicile, une petite ville pas loin de Palerme, Castelvetrano dans la Province de Trapani." Elle s’exclame, "Mais je suis née là-bas ! Mes parents sont morts dans un accident de voiture il y a cinq ans. J’ai vendu la maison familiale, car mon unique frère est parti vivre à San Francisco, il travaille dans une société qui fabrique des logiciels." Nous continuons à échanger longuement puis elle vient s’asseoir à côté de moi, au bout d’un moment et elle me dit, "Vous ne vous baigner pas ?" Je lui réponds, "Je n’ai pas de maillot, ma fiancée est descendue rendre visite à sa tante à Rome jusqu’à ce soir, et elle ne m’a pas laissé la carte pour revenir dans notre cabine."  Elle me répond, "Et vous allez passer la journée dehors ?" Je lui réponds, "Vous savez il y a tellement de choses à faire sur ce navire que je ne vais pas m’ennuyer… " Elle se lève et me dit, "Venez avec moi, votre cabine se trouve sur quel pont ?" Toujours assis sur le transat je la regarde et je lui dis, "Pourquoi ? Que voulez-vous faire ?" Elle me prend la main et elle me tire, "Allez, venez, à cette heure il y a le personnel d’entretien qui fait le ménage dans les cabines, on va leur demander d’ouvrir votre cabine, vous avez vos papiers d’identité dans la cabine, non ?" Paniqué je lui prends le bras avec mon autre main et je lui dis, "Non, je vous en supplie, je n’ai pas mes papiers dans la cabine, je l’ai est ici avec moi !" Puis je lui demande de s’asseoir et je me décide à tout lui expliqué, elle est de la même ville que moi, elle ne me dénoncera pas, et puis je risque quoi !

Quand je termine mon histoire, elle me prend la main et me dit, "Je m’aperçois que je ne t’ai pas dit mon nom, je m’appelle Carla, et toi ?" Je la regarde étonner de son attitude et de son "tu" et je lui réponds, "Andrea !" Elle me dit, "Bon voilà Andrea, on va aller dans ma cabine sur le pont 6, tu vas te prendre une bonne douche, puis nous irons manger tous les deux. Tu m’a l’air fatigué, tu vas après un peu te reposer dans ma cabine, d’accord ?" Je lui réponds, "OK !" En marchant vers sa cabine, je m’interroge sur son "tutoiement", elle est une belle femme, mais moins belle que ma Francesca, plus âgée que moi, elle doit avoir beaucoup d’expérience. Mais pourquoi me poser autant de questions, je suis épuisé, j’ai très peu dormi et une bonne douche ne peut que me faire du bien. Nous arrivons dans sa cabine, elle ferme la porte, je regarde à l’intérieur, le personnel d’entretien n’est sûrement pas passé. Le lit est défait, elle ouvre un placard et me donne une serviette et me dit, "Dans la salle de bain il y a du gel douche ou du savon, utilise se que tu veux. Ne te gêne pas avec moi !" Je prends une bonne douche, hum cela fait du bien. Puis je prends la serviette, je m’essuie et je l’entoure autour de mes hanches, là la porte s’ouvre et Carla est en string et soutien-gorge blanc, elle me regarde et me dit, "Hum tu es un beau mec, fait gaffe je n’ai pas fait l’amour depuis deux ans ! Depuis que mon mari m’a quitté pour sa jeune secrétaire." Je m’habille rapidement, et je sors de la salle de bain, Carla est assise sur le lit, elle regarde vers l’extérieur, elle a une cabine avec un balcon. Elle n’a pas pris soins de se mettre ne serai ce qu’une robe, elle est là offerte !

Je la regarde et je lui dis, "Tu as quel âge ?" Elle me regarde et elle me dit, "31 ans et toi ?" Je lui réponds, "Bientôt 26 ans." Puis je rajoute, "Et ton ex-mari, il a quel âge ?" Elle soupire et me dit, "Il a 45 ans, j’étais sa secrétaire, je suis devenu sa maîtresse, il a quitté sa femme, nous nous sommes mariés, puis quelques mois plus tard il n’a plus voulu que je travaille. Il a fait de moi une femme au foyer, mais une femme au foyer sans enfants ! Il n’aime pas les enfants, ça pleure, ça crie, ça casse, ça salit, en fait c’est chiant ! Du moins, ça le fait chier à lui ! Disputes, sur disputes, moi je voulais un enfant, mais pas lui, donc j’ai mis une ceinture de chasteté et j’ai jeté la clef… Il a pris sa jeune stagiaire, comme maîtresse, j’ai demandé le divorce, j’ai une rente à vie qu’il me donne tous les mois… Tu veux savoir autre chose ?" Je la regarde, elle a un beau corps légèrement bronzé, cheveux mi-longs châtain foncé, yeux marron, une belle poitrine avec des pointes tendues, une bouche pulpeuse, de longues jambes qui parraissent douce avec de très jolis pieds. Nos regards ne se lâchent pas, et c’est là que mon téléphone sonne, je regarde mon écran, c’est Francesca !

 
Photo cabine Costa Concordia.
 

Je décide de ne pas répondre. Comment répondre à une femme que l’on aime alors que l’on se trouve dans la chambre d’une autre femme à moitié nue. Je laisse sonner Carla me dit, "Tu ne réponds pas ?", d’un hochement de la tête de droite à gauche je lui dis "Non !" Elle me sourie et me dit, "Viens, viens t’allonger à côté de moi." Je m’exécute et de sa main droite elle caresse mon torse, elle pose un baiser sur ma poitrine, je sens que je ne résiste pas et là d’un bond, je me lève et je lui dis, "Carla, je ne peux pas, je suis désolé tu es belle et désirable… mais je ne peux pas ! C’est Francesca, elle m’aime et je l’aime. Ce soir je ne pourrai pas la regarder en face, mes mots d’amour sonneront faux. Il faut me comprendre, tu me comprends ?" Avec la main qui caresser mon torse, elle remonte sur ma joue, avec deux doigts elle me caresse la joue et me dit, "Elle a de la chance Francesca, tu es un mec bien. J’espère un jour rencontrer un homme comme toi ! Un homme qui prendra les risques que tu prends, ta résistance de ne pas céder au péché de la chair, me laisse sans voix."

Puis, elle se lève, se place devant la glace, range ses cheveux, se retourne me regarde et me dit, "Habile-toi, nous allons essayer de te trouver un maillot, pour prendre un bain, OK ?" Nous sortons de la cabine, courons dans le couloir comme des gamins direction la boutique du Costa Concordia. Malheureusement arriver devant cette dernière elle est fermée, Carla me regarde et me dit, "Zut, j’ai oublié, en escale les boutiques sont fermées !" Je la regarde et je lui réponds, "Ce n’est pas grave, viens il est midi, nous allons manger un morceau au Parigi, ensuite on se baladera sur le pont promenade."

La journée passe assez rapidement, Carla me regarde et me dit, "Ta belle Francesca ne va pas tarder à te rejoindre, merci pour cette très belle journée, nous aurons sûrement l’occasion de nous revoir dans les jours qui viennent. On échange nos numéros ?" Je lui réponds, "Oui, grâce à toi, j’ai passé une journée inoubliable, et je veux que l’on reste en contact !" Nous notons respectivement nos numéros et puis nous, nous étreignons fortement et nos bouches ne peuvent s’empêcher de se rencontrer, dans un long baisé. "Ciao Andrea" me lance t’elle en s’éloignant, "Ciao Carla, ciao !!"

La nuit tombe sur le Costa Concordia, pas de nouvelles de ma belle Francesca ! Je regarde ma montre, il est 18h33 le navire doit larguer les amarres à 19h, elles vont rater le départ, même avec le froid je sors sur le pont 3, au dessus de ma tête il y a les chaloupes de sauvetage, pour essayer de les apercevoir monter dans le navire, mais rien ! Juste quelques membres d’équipage et personnel du port qui s’activent pour le départ… 19h01, je suis dans mes pensées, je me rassure en me disant je descendrai à Savone, j’ai ma carte bancaire je pourrai toujours prendre un train pour revenir chez moi en Sicile. Avec un peu de chance lundi je commencerai les travaux chez Don BARZINI ! La sirène du Costa Concordia se fait entendre, nous allons quitter Civitavecchia/Rome…

Je rentre à l’intérieur, il y a du monde, de la musique, certaines personnes sont en tenue de soirée. Là mon téléphone sonne, "Allo, Francesca, mais où es-tu ?" Elle me répond, "Ne t’inquiète pas je suis dans ma cabine, nous venons d’embarquer, où es-tu ?" Je lui réponds, "Je suis sur le pont 3, dans le hall principal." Elle me dit, "J’arrive, ma mère est épuisée elle ne veut pas sortir ce soir, j’arrive !!!"

Francesca arrive, et me saute au cou, elle m’embrasse et me dit, "Je n’en voyais plus la fin, Andrea tu ma manquée, j’ai essayé de te téléphoner, mais tu étais en messagerie." Je regarde mon téléphone, plus de batterie ! "Je n’ai plus de batterie, et en plus je n’ai pas de chargeur…" Elle regarde mon téléphone est me dit, "Donne-le-moi, je te le chargerai ce soir dans ma cabine, regarde j’ai le même !" Je lui réponds, "Super, j’ai faim, on va manger ?" Elle me fait un signe timide de la tête qui veut dire "Oui".

Je l’embrasse, puis j’entoure mon bras autour de son corps et direction l’ascenseur pour monter au pont 9. Arrivé sur le pont 9, on se dirige vers le buffet quand un cri me fait sursauter… "Francesca, Francesca !!" Derrière nous une voix de femme crie… Il s’agit de la maman de Francesca, le fait que nous marchons enlacés laisse transparaître en toute logique à Mme BARZINI que je ne suis pas une simple rencontre de croisière pour sa fille.

Francesca me lance en pinçant les lèvres, "Ma mère !", honnêtement je l’avais remarqué, car je connais bien Mme BARZINI. Francesca s’approche de sa mère et lui dits, "Maman, je te présente Andrea, c’est mon petit copain, je l’aime, je suis amoureuse de lui…" Mme BARZINI me regarde froidement et me lance, "Vous n’êtes pas l’ouvrier de M. MANCINI ?" Puis elle rajoute, "Vous deviez faire des travaux chez moi, non ?" Je lui réponds un laconique, "Oui madame BARZINI !" Sans chercher le moindre défilement à sa demande, là Francesca prend sa mère par le bras et elles s’éloignent de moi. Je les vois en train de parler et faire plein de gestes, mais un message dans le haut-parleur, le brouhaha des animations m’empêche de comprendre ce qu’elles se disent, mais apparemment les deux femmes se disputent.

Au bout de quelques minutes qui me semblent des heures, Francesca revient et me lance, les yeux baissés, "Ma mère veut te parler, je crois qu’elle veut te dénoncer aux officiers de bord…" Au moment où je me dirige pour aller parler à sa mère, un officier s’arrête devant Mme BARZINI, il la salut, je reste figé, je les regarde, mes yeux deviennent humides, ma bouche est sèche… Francesca se rapproche de moi et m’enlace par-derrière, ses bras et ses mains me réconfortent.

Je vois Mme BARZINI et l’officier se mettent à rire, puis l’officier la salue et continue son chemin. Elle le regarde s’éloigner, puis me regarde et me fait un signe de la main m’invitant à m’approcher d’elle. "ANDREA, je vous connais bien, je sais que vous êtes un gentil garçon, travailleur et honnête… Comme votre famille d’ailleurs ! J’appartiens moi aussi à une famille de travailleurs et d’honnêtes gens, et je ne pourrais jamais admettre être sali et montré du doigt. Je ne pourrais jamais admettre que ma famille et en particulier ma fille Francesca soit mêler à des actes de délinquances, car comment appeler vous votre attitude d’embarquer sur ce navire sans billet ?"

À cet instant la corne de brume du Costa Concordia retenti une nouvelle fois, se qui veut dire que le navire quitte le port de Civitavecchia/Rome, Mme BARZINI me lance, "Aller, aller mon garçon, vous avez encore le temps de descendre du navire, vite !!!" Je me tourne vers Francesca, qui est à quelques dizaines de mètres de nous, les yeux pleins de larmes… Je regarde Mme BARZINI et je lui dis, "Madame, si je me fais prendre je ne dirai jamais que je vous connais, je dirai que j’ai fait la connaissance de votre fille sur le navire. Madame regardez les larmes dans les yeux de votre fille, regardez, regardez comme elle est belle, regardez la tristesse dans son beau visage, regardez, regardez comme nous nous désirons, ne détruisez pas ça, ne détruisez pas notre amour, je vous en supplie !!!"

Là, une jeune femme crie, "Matteo, Matteo, vient, vient vite nous partons, nous allons voir le départ du Concordia sur le pont promenade. "Mme BARZINI me regarde, et me lance, "Je crois qu’il est trop tard, peut-être que vous savez bien nager…" puis mon regard reviens sur Francesca, puis je regarde une nouvelle fois sa mère et je lui lance, "Mme BARZINI, si vous voulez faire de votre fille une veuve avant l’heure, alors oui je saute à la mer… " Elle regarde sa fille, puis me regarde avec une colère dans les yeux et me gifle. Puis elle dit à sa fille aller, on va dans la cabine tous les trois. Nous reprenons l’ascenseur et là nous rencontrons le commissaire de bord, "Mme BARZINI, comment aller vous, heureux de vous revoir parmi nous ! Surtout Mme BARZINI, n’hésitez pas si vous ou votre fille avez un quelconque problème je serai très heureux de vous apporter mon aide."

"Merci Manrico (Giampedroni), justement pourrai-je vous parler un instant dans ma cabine ? J’ai un petit souci avec la réservation…" Le commissaire de bord lui répond, "Ah bon !" Et de rajouter, "Mme BARZINI je dois me rendre aux cuisines et je suis à votre disposition dans une heure, si cela ne vous pose pas de problème !" Mme BARZINI - "Pas de problème Manrico, je vous attends dans ma cabine." Nous rejoignons notre, enfin la cabine de la famille BARZINI, sans un mot, je rentre et là en fait de cabine, s’est une immense suite, je reste clouer…

Je n’ose même pas m’asseoir, je reste planté là au milieu, puis Francesca me dit "Met toi à ton aise Andrea, s’est aussi ta cabine maintenant…" Mme BARZINI, sors de la salle de bain et lance, "Pas si vite ma fille, il reste ici jusqu’à Savone après il descend, je vais payer sa nuit à bord. C’est pour cela que j’ai demandé à Manrico de venir nous rejoindre. Aller file te préparé pour le dîner !!"

Mme BARZINI, s’approche de moi et me dit, "Vous savez comment j’ai découvert la cachotterie de ma fille ?" Je la regarde avec air interrogatif, et j’ai un doute vite levé par Mme BARZINI. "Votre père a téléphoné à mon mari, il lui a tout expliqué, mon mari m’a téléphoné pour me prévenir. Je n’ai rien dit à ma fille, je ne voulais pas qu’elle vous prévienne. Il m’a suffi de la suivre pour être sûr de vous attraper ensemble. Je n’en croyais pas mes yeux ! Ma fille encore une enfant, vous embrasser comme une putain, oui, oui ma fille est une putain, une menteuse. Vous avez fait l’amour, répondez-moi, vous avez fait l’amour ?" Francesca derrière sa mère lance d’une voix calme et douce, "Laisse-le, non, non, je ne suis pas une putain, je ne couche pas avec le premier venu. Andrea et moi nous nous aimons, mais il n’y a rien eu entre nous, sauf des baisés…" Mme BARZINI me regarde et me di, "C’est vrai ? Vous n’avez pas… " Je la regarde droit dans les yeux et je lui dis, "Non, Mme BARZINI, j’ai et je respecterai votre fille, je suis peut être un délinquant pour vous, mais je ne suis pas un salaud !!"

On frappe à la porte, Mme BARZINI ouvre, c’est le commissaire de bord. "Entrez Manrico !" Lance Mme BARZINI. "Manrico, nous nous connaissons depuis longtemps, vous connaissez mon mari, je pense pouvoir vous demander un service !"  Manrico – " Bien sur Mme BARZINI, bien sûr, vous pouvez tout me demander, cela sera avec un grand plaisir de vous apporter mon aide…" Mme BARZINI – "Merci Manrico je savais que je pouvais compter sur votre aide et votre amitié. Voilà, par distraction, il est vrai que ce navire est tellement magnifique, mon futur beau-fils Andrea a oublié de descendre à Palerme…" Là Francesca intervient et lance, "Non, maman, ce n’est pas la vérité, c’est papa qui n’a pas réservé la place d’Andrea !" Mme BARZINI, devient blanche et balbutie, "Mais tu deviens folle ma fille !" Francesca rajoute, "Manrico, mon père haï Andrea, car il ne fait pas partie de la bourgeoisie sicilienne, alors il n’a pas voulu qu’il vienne avec moi, voilà la vérité !"

Manrico calme le jeu, et me regarde fixement ! "Andrea, dit moi c’est vrai tout ça ?" Je le regarde et je lui dis, "Non, je suis monté à bord en tant que passager clandestin à Palerme, et la famille BARZINI, n’est pas responsable de mon acte. Elles n’étaient pas au courant que j’étais à bord…" Manrico regarde sévèrement Mme BARZINI et lui dit, "Je vais en informer le commandant SCHETTINO, et voir avec lui comment nous pouvons régler ce problème. Je ne vous cache pas que nous serons obliger dans informer les autorités portuaires de Savone et de Civitavecchia. Pendant ce temps Andrea, vous allez être enfermé dans une cabine affectée à cela, cabine qui sera gardée par un membre d’équipage dans le quartier des membres d’équipage. Vous ne devrez pas en sortir, un repas vous y sera apporté, d’accord ?" Je réponds un laconique "Oui !"

Francesca se jette sur la porte et dit à sa mère et Manrico, "Andrea peut rester ici, il ne va pas sauter à la mer et rentrer à la nage, non ? Maman, nous pouvons payer à Manrico les dépenses d’Andrea ! Dites oui Manrico, dites oui, je vous en supplie !" Le téléphone de Manrico sonne, c’est le commandant de bord, "Manrico rejoint nous au restaurant, après on ira tous sur la passerelle de commandement pour l’Inchino à Giglio, OK !" Manrico lui répond, "OK Francesco, mais j’ai un problème à régler sur le pont 9 avant de vous rejoindre." Francesco Schettino lui dit, "Qu’elle type de problème, grave ?" Manrico lui répond, "Non, juste un passager clandestin." Francesco SCHETTINO, hurle dans le téléphone, "Quoi, un passager clandestin, tu es sur ?? Où, dans une cabine, quelle cabine ?" Manrico lui répond, "Dans la cabine 9206 ! La cabine de Don BARZINI !" Un silence se fait entendre, et Manrico dit, "Francesco, Francesco tu es toujours là ?" Le silence dure encore quelques secondes et le commandant de bord lâches "Place le clandestin aux arrêts dans une cabine, après l’Inchino je viendrais parler à Mme BARZINI, c’est compris ? Pas de vague, je ne veux pas des emmerdes, c’est compris ?" Manrico lui répond, "C’est compris ! OK !"

Manrico à Francesca, "Aller jeune fille, laissez nous passer, vous avez entendu le commandant SCHETTINO ?" Francesca regarde Manrico et lui dit, "Et si je ne veux pas, vous me mettez aux arrêts moi aussi ?" Je regarde Francesca et je lui dis, "Francesca, si tu m’aimes laisse Manrico faire son travail, ce n’est que pour quelques heures. Après je descends à Savone, je vais avoir une amende et puis on se retrouve dans quelques jours chez nous…" Elle s’approche de moi, lance un regard de défiance à sa mère, et m’embrasse goulûment. "Tu vois maman, tu as pris mon amour pour cette nuit, pour les jours à venir, et bien je me donnerai à lui à la première occasion. Et si vous m’interdisez, toi et papa de le revoir, je me jetterai du haut de la falaise, vous aurez ma mort sur la conscience !"

Les deux femmes, me regardent partir, Francesca lance, "Manrico, Manrico, prenez soin de mon amour, prenez soin du père de mes enfants…" Manrico me regarde et me lance, "Elle attend un enfant ?" Je le regarde avec un air de satisfaction et je lui dis, "Non, elle fait cela pour mettre en colère sa mère." Nous descendons au pont des membres d’équipage, pont -1, là Manrico appelle un membre d’équipage et lui dit, "Fabrizio, vient, vient tu places ce jeune homme dans une cabine libre, tu fermes la porte et tu restes devant. On te remplacera vers minuit, c’est compris ?" Fabrizio "C'est compris chef !"

Je regarde ma montre il est 20h40, Fabrizio me dit, "On va vous donnez à manger et de l’eau. Vous avez des serviettes et du savon pour vous laver… " À 21h20, la porte de la cabine s’ouvre, c’est Fabrizio, il me donne un plateau avec une assiette de spaghettis au Pesto génois, une assiette avec une escalope de veau à l’italienne, en dessert des Cannolis sicilien, une pomme et une orange.

Je termine mon repas, et au moment de me lever, j’entends un grand bruit, le navire vibre fortement et la lumière s’éteint, puis se rallume, puis elle s’éteint de nouveau. Je perds l’équilibre et je me cogne contre la porte de la cabine. Le navire se met à gîter fortement de droite à gauche, tout se qui se trouve dans la cabine tombe ou se déplace, je tente de me relever, mais le mouvement du navire me fait une nouvelle fois chuté et ma tête viens frapper le rebord d’un meuble… J’entends des cris à l’extérieur, "Vite, vite l’eau entre dans le navire, fuyons, fuyons !"  La porte s’ouvre et Fabrizio me dit, "Vient, partons le navire à percuter quelque chose, l’eau entre !!!" Dans la panique je n’ai même pas remarqué que je marche dans l’eau… Elle n’est pas encore haute, mais elle recouvre le sol comme une immense flaque. Nous prenons des escaliers, puis derrière moi j’entends un énorme bruit, et je me sens soulever une énorme vague me monte jusqu’au pont supérieur. Dans ma tête je me dis que c’est la fin, l’eau me transporte le long d’un grand couloir, j’arrive à m’accrocher à un tuyau, la mer monte jusqu’à mon ventre. Je remarque que je suis seul, je cri, je hurle au secours, aidez moi, aidez moi !!

 
Bientôt la suite !
 
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Marco Mannella